Projection du film « La ligne de couleur » à Abbeville (23 novembre, 20h30)

La section d’Abbeville de la Ligue des droits de l’Homme avec le collectif Pour un avenir solidaire vous invite à la projection du documentaire La Ligne de couleur de Laurence Petit-Jouvet.

La projection sera suivie d’un débat.

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La Ligne de couleur

 
Documentaire, France, 2014 – Durée : 79 mn
Réalisation : Laurence Petit-Jouvet

 
« Pourtant, on a les mêmes mots, le même ciel, les mêmes oiseaux… je connais la
catégorie « d’origine immigrée ». Pourtant on se sent d’ici, on est d’ici,
intimement », dit Malika, l’un des portraits de ce films racontant ce qu’est, pour elle,
la discrimination ; elle ajoute : « Moi, j’ai toujours dit non à ce statut de victime. »

 
« Est-ce que je serai toute ma vie un étranger ? », s’interroge Rui, jeune Français
d’origine chinoise, qui se demande s’il ne va pas immigrer en Angleterre ou aux
Etats-Unis pour assumer d’être étranger, lui que son entreprise envoie travailler… en
Chine.

 
Umi, elle, récite Racine qu’elle adore, mais comme elle est née de parents japonais
qui l’ont élevée en France, le pays, son pays, qu’elle n’a pas voulu quitter, elle
s’entend dire un jour « que voulez-vous qu’on fasse d’une comédienne japonaise ? ».

 
Ou c’est aussi Yaya, qui anime des émissions sur le Mouv’ et écrit ; quand il a
cherché un emploi alimentaire après avoir arrêté ses études avec l’obtention d’un
DEA, il ne se voit proposer que des postes de vigiles et souligne que la France est le
pays où les vigiles sont les plus diplômés du monde.

 
Ces hommes et ces femmes, citoyens français de culture française, perçus comme
étant arabes, noirs ou asiatiques, s’adressent dans une « lettre filmée » à une personne
de leur choix, pour parler de cette expérience intime et sociale : vivre dans la France
d’aujourd’hui avec cette différence qui les distingue, et croiser régulièrement des
regards qui les réduisent à leur « couleur ».

 
Onze personnes s’aventurent dans un récit personnel et singulier pour raconter
cette complexité de l’intérieur. Elles ne sont pas victimes, pas accusatrices, ni
revendicatives, elles prennent juste le risque pour elles-mêmes d’abord, de libérer
cette parole que l’on n’entend jamais, jamais comme cela.

 
Ce film fait de portraits tout en douceur vous atteint fortement. Il a été réalisé par
Laurence Petit-Jouvet qui a ici repris la méthode utilisée quelques années plus tôt
avec le film Correspondances qui montraient ce qu’était la vie de femmes maliennes
vivant et travaillant en région parisienne.

 
« Madame, c’est aux Français qu’il faut montrer ce film, pas à nous », disait un
jeune lycéen dyonisien, pourtant lui aussi Français comme ces onze personnages
magnifiques.

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